Certains préjugés ont la vie dure et le bois passe encore pour un matériau, certes joli, noble, chaleureux, sain et naturel, mais surtout fragile, peu fiable dans la durée et réclamant un entretien constant.

Etat des lieux de certaines idées reçues.

 

Le bois est fragile

Pour la fragilité, on repassera. A poids égal, le bois peut supporter une charge cinq fois plus importante que le béton armé. Ce n’est tout de même pas rien.

La durabilité des constructions en bois est également souvent mise en doute. Pourtant, les temples japonais du 7e siècle, les églises norvégiennes du 12e siècle, ou les premières maisons bâties par les colons européens en Amérique du Nord au 17e siècle prouvent à loisir que le bois résiste au temps et aux intempéries.
On peut encore citer les châssis du château de Versailles (remplacés après trois siècles de service ininterrompu) ou les charpentes des cathédrales qui fêteront bientôt leur millénaire.

Certains objecteront alors que les constructions en bois ne tiennent pas la route en milieu humide, mais les fondations de Venise (dont les pieux sont en bois) ou, plus largement, les jetées, marinas, estacades, pontons, pilotis, et autres constructions en bois, attestent au contraire l’efficacité de ce matériau dans un environnement aqueux.

La sélection de l’essence, la technique de débitage, la qualité de la mise en œuvre et un taux d’humidité contrôlé influent énormément sur la pérennité du bois d’œuvre. Si toutes ces conditions sont respectées, on peut affirmer sans risque d’être démenti que le bois est increvable.

 

Le bois nécessite un entretien fastidieux

Au même titre que n’importe quelle autre menuiserie extérieure de quelque matériau que ce soit, les portes et fenêtres en bois exigent un minimum d’entretien. Toutefois, grâce aux progrès récents, les entretiens fréquents appartiennent définitivement au passé.

Avec les techniques de finition intégrées, l’entretien des menuiseries extérieures en bois est beaucoup plus aisé et moins contraignant qu’auparavant. Les portes et fenêtres sont traitées dès le processus de production dans des installations professionnelles où les produits de protection sont envoyés dans les moindres petits recoins visibles et invisibles.

Lasure ou peinture, il s’agit par ailleurs, de plus en plus fréquemment, de produits en phase aqueuse (à l’eau), respectueux de l’environnement. De plus, la couche de fond et la finition (peinture couvrante ou lasure transparente) sont parfaitement adaptées à l’essence mise en œuvre. Le traitement de surface se fait avant le montage de la quincaillerie et des joints. Ce qui permet de protéger également les endroits qui deviennent inaccessibles après le montage, comme le bois qui se trouve derrière la maçonnerie ou contre le verre.

À la sortie des ateliers, les menuiseries peuvent être posées directement, sans qu’il soit nécessaire d’effectuer le moindre traitement supplémentaire. Et lorsque les menuiseries extérieures ont bénéficié d’un tel traitement intégré, une seule nouvelle couche de protection suffit pour bénéficier à nouveau de près de dix ans de tranquillité.

Certains utilisateurs optent toutefois pour du bois brut sur lequel ils appliquent eux-mêmes, à la brosse, une couche de lasure. Dans ce cas, la protection sera moins efficace et il faudra répéter l’opération après deux ou trois ans, selon l’orientation de la façade. Rien de terrifiant, toutefois. Il suffit de poncer légèrement portes ou châssis et de mettre une nouvelle couche de lasure à la brosse.

Pour le reste, peintures et lasures se valent pour ce qui est de la protection du bois. La seule différence est que les lasures laissent la structure du bois visible alors que les peintures constituent une solution couvrante. Le grand avantage de ces dernières par rapport aux châssis en PVC ou en aluminium, c’est qu’on a le loisir de changer la couleur de ses menuiseries quand on veut.

 

Le bois brûle

Le bois brûle, c’est indéniable. Ce que l’on sait moins, en revanche, c’est qu’il résiste particulièrement bien aux incendies.

Dans le domaine du comportement au feu, on fait la distinction entre “réaction au feu” et “résistance au feu”. Dans le premier cas, très schématiquement, on ne tient compte que de la combustibilité et de l’inflammabilité d’un matériau. En revanche, pour ce qui est de la résistance au feu, on mesure l’aptitude d’un élément de construction à remplir, malgré l'action d'un incendie, la fonction qui lui est normalement dévolue.

Or, si le bois offre une « mauvaise » réaction au feu (il est effectivement inflammable et combustible), il affiche par contre une excellente résistance au feu. Il se consume lentement et très progressivement même à des températures extrêmes. Grâce à la couche carbonisée, le bois « s’auto-protège » naturellement contre le feu. De plus, il se dilate peu à l’épreuve de la chaleur avec pour effet qu’une charpente en bois peut résister plus longtemps qu’une structure réputé incombustible, comme l’acier, par exemple, qui affiche une très médiocre résistance au feu : à partir de 650°C, il se déforme et risque donc de présenter des déformations nuisibles à la stabilité du bâtiment. D’où la mise à l’écart systématique de l’acier comme matériau de structure, à l’inverse du bois…

Enfin, le bois dégage peu de gaz toxiques en brûlant.

Ce qui explique que les compagnies d’assurances proposent aujourd’hui des contrats incendie pour maisons neuves en bois à des prix équivalents aux constructions traditionnelles.

Des statistiques scandinaves (où les habitations en bois sont la norme) ont d’ailleurs démontré qu’un immeuble d’habitation en bois ne constitue pas une classe de risque supérieure.